7. Les Préalpes provençales

Fiche d'identité des préalpes provençales

Limites paysagères

Les Préalpes provençales regroupent deux unités paysagères dont les limites prennent appui au nord et à l’Est sur la vallée du Var et au sud sur les grands plateaux d’Azur. Elles forment un ensemble très homogène lié aux plissements est-ouest enchaînant alternativement ligne de crête et vallée. Les deux unités paysagères se distinguent par leur bassin versant : le bassin de l’Estéron au nord et le bassin du Loup et de la Lane au sud.

EPCI concernée

Communes concernées

Fondements du paysage

Reliefs et paysages

Une orientation est‑ouest des massifs qui fait la singularité de ces paysages

Haute-vallée du Loup.

Dans les Alpes-Maritimes, les Préalpes provençales se distinguent par une orientation est-ouest de leurs lignes de crêtes et de leurs vallées, une particularité géologique qui les oppose au reste du département, où les reliefs et les cours d’eau suivent majoritairement un axe nord-sud, comme les vallées de la Tinée, de la Vésubie ou de la Roya.

Géologie et paysages

Un socle calcaire chahuté par la surrection des Alpes

Les roches calcaires du massif du Cheiron sous Castellaras.

Il y a des dizaines de millions d’années, là où s’étendent aujourd’hui les Préalpes provençales, une mer peu profonde baignait un vaste bassin sédimentaire, déposant couche après couche des calcaires, des marnes et des grès au fond de ses eaux tièdes. À partir de la fin
du Crétacé, la collision entre les plaques africaine et européenne commence à soulever les Alpes. Sous l’effet de cette pression colossale, les roches sédimentaires accumulées depuis des millénaires se compressent, se plissent et finissent par glisser vers le sud, comme un empilement de draps poussés sur un sol glissant.

Hydrographie et paysages

Rivières sauvages et écosystèmes préservés

L'Estéron à travers la clue d'Aiglun. ©Vonce Vince

Ce territoire est composé principalement de deux bassins versants : le Loup qui se jette directement dans la méditerranée et l’Estéron qui se jette dans le Var. La Lane est la seule rivière dont le lit s’écoule vers l’ouest et le département du Var.

Milieux naturels et paysages

Entre ubacs et adrets, des milieux en mutation

Vallée de l'Estéron depuis Gilette.

À l’échelle du Parc Naturel Régional des Préalpes d’Azur, le territoire se compose de plus de 90% d’espaces naturels ou semi-naturels. Le milieu dominant est la forêt avec près de 70% de la surface à laquelle s’ajoutent les milieux arbustifs ou de landes qui couvrent plus de 20%. Les Préalpes provençales qui correspondent à toute la partie nord du PNR constituant le secteur le plus boisé, ses landes étant limitées aux sommets des massifs et aux secteurs les plus raides des coteaux exposés au sud.

Agriculture et paysages

De l’agropastoralisme aux cultures méditerranéennes

Prairies pâturées dans le vallon de la Lane.

Dans les Préalpes provençales, l’agriculture s’adapte aux contrastes du relief et des microclimats, façonnant des paysages variés selon l’altitude et l’orientation des versants. Sur les sommets comme le Cheiron, le Mont Vial ou l’Audibergue, l’agropastoralisme domine, avec des pâturages extensifs où paissent moutons et chèvres pendant l’été. Les alpages, souvent dénudés et ventés, sont parcourus par des troupeaux en transhumance, tandis que les landes et les pelouses sèches fournissent un fourrage maigre mais essentiel pour l’élevage traditionnel.

Urbanisation et paysages

Un grand nombre de villages accrochés aux pentes

Bourg regroupé de Conségudes.

Bien que les Préalpes provençales donnent l’impression d’un territoire peu densément peuplé, elles sont en réalité constellées de villages espacés de trois à quatre kilomètres, souvent regroupés par vallée et reliés par des routes sinueuses qui épousent les reliefs. La plupart de ces hameaux et bourgs sont accrochés aux pentes sud, là où l’ensoleillement est optimal, entourés de terrasses agricoles en pierre sèche qui témoignent d’une occupation ancienne du sol.

Routes et paysages

Des routes est-ouest qui suivent l’axe des vallées

Route taillée dans le rocher à Gréolières.

Le réseau routier des Préalpes provençales est peu dense, structuré autour de cinq axes principaux qui traversent le territoire d’est en ouest, épousant le tracé des vallées et des cours d’eau. Ces routes étroites et sinueuses, souvent peu connectées entre elles, offrent des parcours spectaculaires, où les paysages se dévoilent au gré des virages et des dénivelés.

Unité de paysage N°7.1

Les sillons de l'Estéron

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : les sillons de l'Estéron
L’unité de paysage des sillons de l’Estéron se caractérise par un ensemble de vallées étroites et encaissées, creusée par la rivière du même nom et ses affluents (la Gironde ou le Riou par exemple). Elles traversent les Préalpes provençales selon un axe est-ouest. Les lignes de crêtes calcaires abruptes dominent des versants boisés ou couverts de garrigues. Les pentes sont tantôt douces sur les adrets ensoleillés, tantôt plus raides et ombragées sur les ubacs. Le paysage est ponctué de gorges étroites et de clues spectaculaires, comme celle de Saint-Auban, où la rivière s’engouffre entre des parois rocheuses verticales. Dans ce paysage accidenté, les villages sont perchés sur des éperons rocheux ou accrochés aux pentes. L’Estéron est la seule rivière majeure des Alpes-Maritimes à couler librement, sans barrage, lui conférant une dimension sauvage et naturelle.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères des sillons de l'Estéron portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution des sillons de l'Estéron portent sur :

2023
1958

Urbanisation des terrasses d’olivier au sud de Pierrefeu.

2020
1970

Disparition des paysages de terrasses à Roquésteron avec l’urbanisation et le recul de l’activité agricole.

2025
2014
Urbanisation récente d’une parcelle d’olivier au sud de Pierrefeu.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage des sillons de l'Estéron portent sur :

Des touristes profitant de l'eau de l'Estéron au Parc naturel régional des Préalpes d'Azur. © Parc naturel régional des Préalpes d'Azur.
Berges de l'Estéron depuis le Pont du Couve.

Unité de paysage N°7.2

Les hautes vallées provençales

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : les hautes vallées provençales.

L’unité de paysage des hautes vallées provençales se caractérise par un ensemble de plaines d’altitudes orientées est-ouest et cadrées par des barres rocheuses calcaires : plaine des Sagnes, plaine de la Lane (dont plan du Bas Thorenc, plan du Peyron…), plaine de Rieu Tort. Les villages s’installent sur les versants, judicieusement implantés hors des terres exploitables par l’agriculture et des pentes trop escarpées. Tandis que les ubacs sont en pente régulière couverte de boisements, les adrets se présentent en falaises rocheuses sur leur partie sommitales et en pentes plus douces façonnées en terrasses à l’approche des plaines. Les voies de circulation longent ce paysage rigoureusement organisé par les reliefs.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution des hautes vallées provençales portent sur :

2020
1955
Développement de la station de Gréolières.
2023
2013
Développement des énergies renouvelables dans l’ouest du département : parc photovoltaïque de Thorenc.
2023
1900
Plan de Thorenc.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage des hautes vallées provençales portent sur :

Les pistes skiables génèrent des coupures nettes dans les pins à Gréolières.
Les importantes surfaces imperméabilisées à Gréolières génèrent des espaces peu conviviaux et confortables l'été. ©Ici et là-bas

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