13. Le bassin de la Siagne

Fiche d'identité du pays d'Antibes

Limites paysagères

Ces quatre unités de paysage se distinguent par les reliefs et la proximité du littoral. Les limites extérieures apparaissent fortement avec la ligne des Baous au Nord, une ligne de crête encore perceptible l’Est et le massif du Tanneron à l’ouest. Au cœur de cet ensemble, les collines de Grasse occupent la plus grande partie, sur les pentes ondulées du piémont où l’urbanisation a presque entièrement recouvert la surface. La limite avec la baie de Cannes tient à la proximité de la mer, où toute l’urbanisation s’oriente vers le sud. L’autoroute A8 en souligne la limite. L’embouchure de la Siagne qui s’étend de Pégomas jusqu’à Mandelieu-la-Napoule, s’appuie sur la plaine alluviale. Enfin les iles de Lérins forment la quatrième unité de paysage, par leur position isolée.

EPCI concernées

Communes concernées

Fondements du paysage

Reliefs et paysages

Une mosaïque naturelle entre montagne et mer

Le bassin de la Siagne, niché entre les Préalpes d’Azur et la Méditerranée, offre une variété de reliefs et de paysages qui en font un territoire à la fois diversifié et harmonieux. De la grandeur imposante des falaises calcaires à l’étendue apaisante de la plaine littorale en passant par les douces ondulations des collines, chaque élément de ce socle crée les fondements de l’installation des hommes sur ce territoire.

Géologie et paysages

Une histoire escarpée entre Tanneron et Préalpes

Le paysage du bassin de la Siagne, marqué par les contrastes saisissants entre les pentes boisées du Tanneron et les falaises calcaires des Préalpes de Grasse, est le fruit d’une histoire géologique longue et mouvementée. Son relief actuel, où se mêlent massifs anciens et formations sédimentaires, raconte plus de 300 millions d’années d’évolution, rythmée par les soulèvements, les invasions marines et l’érosion patiente des éléments.

Hydrographie et paysages

Un réseau hydrologique contraint et un paysage oublié

Le bassin de la Siagne se distingue par un réseau hydrologique dense et bien réparti, façonné par le relief contrasté et le climat méditerranéen. Des cours d’eau permanents, comme la Siagne elle-même, aux ruisseaux intermittents qui ne coulent qu’après les pluies, ce territoire illustre la diversité des régimes hydrauliques. Les rivières, alimentées par les précipitations parfois intenses, drainent les pentes des Préalpes et du Tanneron avant de confluer vers la plaine littorale. Pourtant, ce réseau, autrefois en équilibre avec les paysages, subit aujourd’hui les pressions de l’urbanisation et des changements climatiques.

Milieux naturels et paysages

Une forêt méditerranéenne sous tension

Le bassin de la Siagne offre un paysage végétal façonné par le climat méditerranéen et l’histoire des usages humains. Forêts, garrigues et prairies humides occupent le territoire. Pourtant, derrière cette apparente abondance se cachent des déséquilibres profonds, liés à l’évolution des pratiques, à l’urbanisation et aux changements climatiques.

Agriculture et paysages

Un paysage sculpté et soigné depuis des siècles

À la fin du XVIIIᵉ siècle, le pays de Grasse est prospère grâce à ses terres fertiles et son climat toujours ensoleillé. L’abbé Expilly décrit en 1794 la ville comme « bien peuplée, fort riche, bâtie sur une hauteur dans une contrée agréable et très fertile en fruits délicieux et en huile d’olive ». « Les terres cultivables étaient disposées en planches parallèles, étayées au moyen de murs en pierre sèche et formant un immense amphithéâtre de jardins suspendus. On y cultivait l’oranger, le citronnier, le rosier, le cassis, le jasmin, la tubéreuse et d’autres plantes aromatiques. Mais l’arbre dominant était l’olivier, dont l’espèce, paraît-il magnifique et plantée très serrée, couvrait la plus grande partie du terrain disponible. Du blé et des légumes étaient semés dans les intervalles tandis que les pieds de vigne croissaient le long des murs. Il n’y avait pratiquement pas de pâturages, donc très peu de fumier. Les terres étaient minutieusement et profondément travaillées à main d’homme avec la bêche. »

Urbanisation et paysages

Une implantation d’origine liée au relief et aux sources

Le bassin de la Siagne, niché entre les reliefs du Tanneron et les Préalpes de Grasse, porte les traces d’une urbanisation ancienne, façonnée par la topographie, le climat et les dynamiques économiques. Ses villes et villages, autrefois perchés pour se protéger ou dominer les vallées, ont progressivement descendu leurs extensions vers la plaine et le littoral, dessinant un territoire où se mêlent patrimoine historique et étalement urbain parfois désordonné.

Routes et paysages

Des voies historiques aux chemins de l’industrialisation

Avant le XXᵉ siècle, le bassin de la Siagne était sillonné par un réseau de chemins anciens, hérités des époques romaine, médiévale et moderne. Les voies muletières, comme celle reliant Grasse à Cannes, servaient au transport des marchandises — huile d’olive, vin, fleurs, bois — et des voyageurs. Ces chemins, souvent étroits et sinueux, épousaient les courbes du relief, traversant les vallons boisés, les garrigues et les villages perchés, sans jamais briser l’harmonie des paysages.

Unité de paysage N°13.1

Les collines de Grasse

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Les collines de Grasse occupent toutes les pentes ondulées du Piémont. Limité au nord par la ligne des Baous calcaires, les pentes sont aujourd’hui très fortement urbanisées, dominées par la ville de Grasse accrochée à un éperon rocheux. Les villages du Tignet, de Spéracèdes et de Cabris s’alignent sur cette altitude, préservant leur silhouette urbaine et dominant la cuvette de Peymeinade. Isolé, le vieux village de Mougins, campé sur sa colline, dessine une silhouette remarquable dans les pentes bâties.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères des collines de Grasse portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution des collines de Grasse portent sur :

2023
1946
Colline de Grasse Mougins.
2022
2008
Sur le chemin des Parettes à Grasse, la petite route en balcon offre des vues remarquables vers l’ouest, les murs en pierre-sèche font l’objet d’un entretien et la largeur de chaussée reste étroite.
2023
Vers 1900
Xxxx

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage des collines de Grasse portent sur :

Des espaces publics très minéralisés à Peymeinade.
Les nouvelles implantations bâties nécessitent d’importants déblais-remblais.

Unité de paysage N°13.2

La baie de Canne

Caractéristiques

de l'unité de paysage

La baie de Cannes correspond à une zone plane entourée de collines (Croix des Gardes et du Suquet à l’est, Paradou à l’ouest). Elle constitue le site d’origine de la ville, avec la colline du Suquet et le port comme éléments structurants. Le littoral est marqué par un front urbain continu, longé par une promenade en bord de mer (la Croisette) jusqu’au Cap de la Croisette.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères des collines de Grasse portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution des collines de Grasse portent sur :

2023
1924
Extension du cap de la Croisette.
2023
1923

Durcissement du port de Cannes au niveau de la promenade Pantiero (création d’une plateforme et d’un stationnement dans l’espace portuaire). Les platanes qui couvraient l’ensemble des allées de la Liberté ont été taillés de façon excessive et, ainsi, condamnés. Ils sont désormais replantés.

2023
1954
Urbanisation et privatisation des vues publiques à Super-Cannes depuis les années 1950.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage des collines de Grasse portent sur :

Opération de réensablement en 2025. ©Ville de Cannes.
Des clôtures opaques et continues dans les quartiers des collines de Cannes, privant l’espace public de vues sur la mer ou la baie.

Unité de paysage N°13.3

L’embouchure de la Siagne

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Occupant une des plus grandes surfaces planes du département (en dehors de la vallée du Var), l’embouchure de la Siagne est une rareté suffisante pour représenter un paysage unique dans les Alpes-Maritimes. Limité à l’ouest par les pentes du Tanneron et à l’est par le petit rebord de coteau des collines de Grasse, cette plaine à l’origine alluviale et agricole, est aujourd’hui fortement morcelée par des occupations diverses : habitations, zones d’activités, infrastructures routières et aéroport.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères de l’embouchure de la Siagne portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution de l’embouchure de la Siagne portent sur :

2023
1900
À Pégomas, les pentes et la plaine sont conduits. Quelques espaces agricoles subsistent en limite de fleuve.
2023
1950

Mandelieu.

2023
1950
Une urbanisation qui progresse avec un développement des infrastructures routières (A8 notamment). Les espaces agricoles se réduisent et se morcellent.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage de l’embouchure de la Siagne portent sur :

La qualité paysagère de l’ouvrage pose question. Si un effort semble avoir été entrepris, avec l’utilisation de la pierre apparente, le rapport avec les surfaces bétonnées et la colorimétrie du béton.
Boulevard Moreau.

Unité de paysage N°13.4

Les îles du Lérins

Caractéristiques

de l'unité de paysage

À environ 1km au sud de la pointe de la Croisette, l’archipel de Lérins compte deux îles : Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, et deux îlots rocheux : la Tradelière et Saint-Féréol. Les îles s’organisent en longueur selon un axe est-ouest. Sainte-Marguerite et la plus longue d’entre elles avec plus de 3km de long. Saint-Honorat est deux fois moins longue. L’archipel se présente comme un paysage insulaire relativement plat culminant au plus à 30m d’altitude et dont les fonds marins n’excèdent pas cinq ou six mètres de profondeur.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères des îles du Lérins portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution des îles du Lérins portent sur :

2020
1931
Développement de la forêt. Démolition de bâtiment. Construction des embarcadère et pontons. Création d’un chantier naval.
2023
1977
Coupes et replantations, éclaircies, îlots, libre évolution, chemins pare-feux.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage des îles du Lérins portent sur :

Mise en place de clôture discrète en ganivelles.
Mouillage de bateaux envahissants entre les deux îles, en juin 2022. ©Ajoly 06

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