12. Le pays d’Antibes

Fiche d'identité du pays d'Antibes

Limites paysagères

Cet ensemble de grand paysage fait partie du pays des collines azuréennes des Alpes-Maritimes mais se distingue de ses voisins par ses reliefs et ses bassins versants. Au nord, la ligne calcaire des Baous dessine une limite franche avec les grands plateaux d’Azur. À l’ouest, la limite s’appuie sur une ligne de crête nord-sud de Châteauneuf à la pointe de la Croisette, départageant le bassin de la Siagne du bassin de la Brague.

EPCI concernées

Communes concernées

Fondements du paysage

Reliefs et paysages

Un gradient étagé entre montagne etmer

Baou de Saint-Jeannet.

Au nord, le Pays d’Antibes bute sur les premiers contreforts des Baous, ces massifs calcaires aux parois verticales qui annoncent les Préalpes. Le Baou de Saint-Jeannet (802 m), le Baou des Blancs (673 m), le Puy des Tourrettes (1268m), le Pic des Courmettes (1248m) et les Barres de Cavillores (1030m), bien que situés en dehors des limites administratives strictes du pays antibois, en constituent l’horizon montagneux.

Géologie et paysages

Une association de roches dures et de roches tendres

Blocs arrondis entourés d’un cortex et qui suggèrent une éruption sous une faible tranche d’eau. Photographie © André Laurenti
Il y a plus de 200 millions d’années, le Pays d’Antibes n’était qu’une vaste étendue continentale aride, balayée par des vents chauds et parcourue par des rivières éphémères. À cette époque, durant le Trias, des lagunes salées et des plaines alluviales se déposaient lentement, laissant derrière elles des grès rouges, des dolomies et des gypses, vestiges d’un climat désertique et d’un environnement en constante évolution.

Hydrographie et paysages

Un réseau qui a façonné des collines

La Cagne canalisée peu avant son embouchure.

Cet ensemble de paysages se découpe en trois bassins versants qui délimitent fortement les trois unités de paysage des collines : les pentes de Vence à l’est, le plateau de Valbonne à l’ouest et la vallée du Loup au centre. Le réseau hydrologique du Pays d’Antibes s’articule autour de trois bassins versants majeurs (la Brague, le Loup et la Cagne) qui structurent les paysages et les écosystèmes de ce territoire.

Milieux naturels et paysages

Une forêt méditerranéenne préservée

Technopole de Sophia-Antipolis insérée au cœur du massif boisé. ©Olivier Dargent

La forêt méditerranéenne couvre une grande partie du Pays d’Antibes, façonnant des paysages boisés où domine le pin d’Alep, espèce emblématique adaptée aux étés secs et aux sols souvent ingrats. Ses fûts élancés et son écorce épaisse résistent aux incendies et aux vents salés, tandis que ses aiguilles fines filtrent une lumière diffuse créant une atmosphère tamisée sous les cimes

Agriculture et paysages

Les restes d’une agriculture florissante

Parcelle d'orangers à Antibes.

L’histoire de l’agriculture dans le Pays d’Antibes est étroitement liée à celle de ses paysages méditerranéens, façonnés depuis l’Antiquité par les contraintes du climat, les reliefs variés et les besoins des sociétés
qui s’y sont succédé. Dès l’époque romaine, les collines autour d’Antipolis (Antibes) étaient déjà cultivées, principalement en vignes et oliviers, deux cultures emblématiques qui ont durablement marqué le territoire.

Urbanisation et paysages

Entre volontarisme et laisser‑faire

Valbonne : une organisation urbaine rigoureuse et orthogonale. © CRT Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Historiquement, seuls les villages perchés (comme Èze, La Turbie ou Roquebrune) ou les bourgs de pêcheurs (comme Villefranche-sur-Mer ou Beaulieu) s’étaient installés là où la topographie le permettait : sur des éperons rocheux, dans des criques abritées, ou le long des fonds de vallons moins pentus.

Routes et paysages

Un réseau de voirie très contrasté

De nombreuses routes difficiles à traverser à pied ou inadaptées aux mobilités douces, ici à Vallauris sur la route départementale 135.

Dès l’Antiquité, le Pays d’Antibes s’est organisé avec un réseau en éventail, où les voies historiques partaient toutes d’Antibes, cœur stratégique du littoral, pour rayonner vers l’intérieur des terres.

Unité de paysage N°12.1

Le Cap d’Antibes et le Golfe‑Juan

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : le Cap d’Antibes et le Golfe-Juan

L’unité de paysage du Cap d’Antibes et du Golfe-Juan se présente comme un paysage littoral cerné de collines qui ne dépassent pas 300m d’altitude. Les longues plages de sable et de galets du Golfe-Juan sont délimitées par le Cap de la Croisette et le Cap d’Antibes (sites classés), longées par la route et le chemin de fer et ponctuées de plusieurs ports de plaisance.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères du Cap d’Antibes et du Golfe‑Juan portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution du Cap d’Antibes et du Golfe‑Juan portent sur :

2022
2014
Une urbanisation encore à l’œuvre récemment sur les pentes de Vallauris : disparition des terrasses, privatisation des vues, densification.
2023
2014
Petite plage de la « baie des Milliardaires » accessible au grand public à Antibes. © opplvm En fond de crique, la côte rocheuse est soumise au vent d’est et exploitée en concession.
2020
1931
Agrandissement du port de Golfe-Juan et conquête d’espaces sur la mer (stationnement « Vieux Port », Quai Napoléon, Théâtre, etc.).
2015
1955
Durcissement des aménagements de bord de mer à Antibes, sur la plage de Juan-les-Pins.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage du Cap d’Antibes et du Golfe‑Juan portent sur :

Une transition brutale entre l'espace de la route et celui de la plage de la Salis à Antibes.
Stationnement du Vieux-Port de Golfe-Juan : une surface entièrement imperméabilisée gagnée sur la mer et sans ombrage.

Unité de paysage N°12.2

La baie des Anges

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : la baie des Anges.

L’unité de paysage de la baie des Anges se présente comme une frange littorale d’environ 2km d’épaisseur entre Antibes et Saint-Laurent du Var. Elle accueille l’embouchure des principaux fleuves du grand ensemble : la Brague, le Loup et la Cagne.

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution de la baie des Anges portent sur :

1981
1959
Construction de la baie des Anges dans les années 1970.
2026
1900
Durcissement du bord de mer de Cros-de-Cagnes.
2025
2015
La Cagne autrefois canalisées et imperméabilisée. Puis, à droite, la Cagne renaturée. ©ARBE

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage de la baie des Anges portent sur :

Berges de la Cagne fortement artificielles à proximité de son embouchure.
Le site de Biot est dégradé par des publicités et panneaux directionnels envahissants.

Unité de paysage N°12.3

Le plateau de Valbonne

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : le plateau de Valbonne.

La grande unité de paysage du plateau de Valbonne offre un paysage dominé par la forêt. Ce grand plateau calcaire compris entre 400m et 200m d’altitude, couvert d’un manteau boisé de pins et de chênes, constitue un grand espace de nature. Il accueille la quasi-totalité du bassin-versant de la Brague ainsi que ceux de la Miagne et du Mardaric (affluents du Loup). Les cours d’eau s’enfoncent en gorges ou en combes dans la roche dure.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères du plateau de Valbonne portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution du plateau de Valbonne portent sur :

2024
1950

Sophia Antipolis : création d’une technopole ex-nihilo.

2023
2020
Opération urbaine récente d’envergure à Roquefort-les-Pins dans l’objectif de recréer un centre-ville.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage du plateau de Valbonne portent sur :

Sois-bois pauvre en biodiversité dans le Parc Naturel Départemental de Valmasque.
Voie difficile à traverser par les animaux et les humains à Sophia-Antipolis.

Unité de paysage N°12.4

La vallée du Loup

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : la vallée du Loup.

L’unité de paysage de la vallée du Loup se compose au nord d’une vallée ouverte et boisée, au centre de gorges resserrées et spectaculaires aux falaises abruptes, et au sud d’une plaine alluviale agricole. Deux bourgs perchés dominent la vallée sur les piémonts des causses et des baous : Tourrettes-sur-Loup et Bar-sur-Loup.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères de la vallée du Loup portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution du plateau de Valbonne portent sur :

2019
1900
Les extensions urbaines des bourgs ont parfois affaibli la mise en valeur de leurs entrées, comme en témoigne l’exemple de Bar-sur-Loup.
2023
1967

L’étalement urbain et la transformation des paysages des collines par l’urbanisation : exemple de Tourette-sur-Loup.

2023
2009
Reconquête agricole et diversification de la plaine alluviale du Loup au XXIᵉ siècle.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage du plateau de Valbonne portent sur :

Maraîchage sur la commune de Villeneuve-Loubet. ©Les Jardins Du Sapeton
Les campings profitent d'une situation exceptionnelle et s'insèrent sous une végétation très dense. Toutefois, la proximité des installations envers le cours d'eau pose question, aussi bien d'un point de vue des risques lors des crues que du respect de l'espace naturel.

Unité de paysage N°12.5

Les pentes de Vence

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : les pentes de Vence.
L’unité de paysage des pentes de Vence est structurée par des vallons boisés orientés nord-sud (vallon du Malvan, vallée de la Cagne, vallon des Vaux, vallon du Tenchurat). Vence et Saint-Jeannet dominent la vallée de la Cagne sur le piémont des baous. Au cœur de l’unité, Saint-Paul-de-Vence et la Gaude soulignent la crête en postes avancés sur la mer. Dans ce paysage de collines et vallons étroits, où l’urbanisation occupe majoritairement des lignes de crêtes et les points hauts, le Val de Cagnes apparaît comme une singularité avec une plaine alluviale à fond plat longue de plus de 3km et large de 300m.

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution des pentes de Vence portent sur :

2024
2015
Construction récente sur d’anciennes terrasses et abandon / démantèlement des serres agricoles aux abords de Saint-Paul-de-Vence.
2024
1891
Développement de l’urbanisation sur les terrasses de Saint-Jeannet.
2023
1947
Dégradation progressive du paysage agricole du Val de Cagnes par un phénomène d’urbanisation désorganisé et insidieux (morcellement).

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage des pentes de Vence portent sur :

Le Val de Cagnes : une plaine alluviale morcellée par l'urbanisation, à reconquerir par l'agriculture. ©Ville de Cagnes-sur-Mer
Les équipements ont considérablement réduit la place de l'eau dans le vallon des Vaux.

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