4. La vallée de la Vésubie

Fiche d'identité de la Vallée de la Vésubie

Limites paysagères

Ce grand ensemble prend ses limites dans le bassin versant de la rivière Vésubie en dehors des vallées de haute altitude au nord-est qui font partie des grands sommets alpins. Les deux unités de paysage de la vallée se distinguent par leur relief et leur occupation humaine. Entre sa partie haute et sa partie basse, les paysages de la vallée se transforment de l’influence montagnarde à l’influence méditerranéenne. Le village de Lantosque, s’impose comme une charnière entre ces deux univers.

EPCI concernées

Communes concernées

Fondements du paysage

Reliefs et paysages

Xxxx

Entre haute et basse vallée, les reliefs changent radicalement, offrant une diversité des paysages. En Haute Vésubie, l’horizon se perd dans l’immensité des sommets, où les cimes dépassent allègrement les 2 000 mètres d’altitude. Le Baus de la Frema (2 246 m), aux formes arrondies, domine les alentours de sa silhouette imposante, tandis que la Cime du Piagu (2 338 m) et la Cime de la Valette de Prals (2 496 m) dessinent une ligne de crête dentelée, découpée sur le ciel.

Géologie et paysages

Xxxx

Entre Belvédère et Saint-Martin-Vésubie, la haute vallée de la Vésubie trace une ligne de partage aussi nette que spectaculaire. D’un côté, les massifs cristallins du Mercantour, durs et sombres, hérités des profondeurs de la croûte terrestre ; de l’autre, les montagnes calcaires des Alpes du Sud, claires et stratifiées, sculptées par des mers anciennes. Ici, la Vésubie n’est pas seulement une rivière : c’est une cicatrice géologique.

Hydrographie et paysages

Un grand bassin versant

Le réseau hydraulique de la Vésubie, est un système complexe et dynamique, façonné par la géologie alpine et les régimes climatiques méditerranéens. Cette vallée, qui s’étend des sommets du Mercantour jusqu’à sa confluence avec le Var, est drainée par un cours d’eau principal, la Vésubie, et nourrie par une multitude d’affluents qui descendent des massifs environnants.

Milieux naturels et paysages

Une mosaïque de forêts et de biodiversité alpine

La vallée de la Vésubie, nichée au cœur du Parc national du Mercantour, est un territoire où la nature domine avec une présence forestière exceptionnelle, couvrant près de 95 % de sa surface totale. Ce paysage, façonné par un climat à la fois méditerranéen et alpin, offre une diversité végétale remarquable, où les essences varient selon l’altitude, l’exposition et la nature des sols.

Agriculture et paysages

Entre pastoralisme et cultures d’altitude

La vallée de la Vésubie, encadrée par les sommets du Mercantour et les forêts denses des Alpes-Maritimes, offre des paysages agricoles marqués par une tradition montagnarde, où l’homme a su tirer parti des contraintes du relief pour cultiver et élever. Ici, l’agriculture se déploie en harmonie avec la nature, entre pastoralisme ancestral et cultures fruitières ou maraîchères installées sur les rares espaces plats ou en terrasses.

Urbanisation et paysages

Une implantation humaine dictée par la rivière et le relief

La vallée de la Vésubie, encadrée par les reliefs abrupts du Mercantour, présente une diversité d’implantations villageoises, chacune reflétant une adaptation fine aux contraintes géographiques et aux risques naturels. Les villages se répartissent entre terrasses alluviales fertiles, éperons rocheux dominants et pentes terrassées, révélant une occupation humaine à la fois stratégique et pragmatique.

Routes et paysages

Xxxx

La route M2565, qui serpente le long de la vallée de la Vésubie, est bien plus qu’une simple voie de circulation : c’est une artère vitale pour les habitants, les voyageurs et l’économie locale, mais aussi un témoin de l’histoire des Alpes-Maritimes. Son tracé, qui relie Nice à la haute vallée en suivant le cours de la Vésubie, est le fruit d’une longue évolution, marquée par les défis géographiques et les besoins croissants de désenclavement.

Unité de paysage N°4.1

La Haute Vésubie

Caractéristiques

de l'unité de paysage

La Haute Vésubie se caractérise par un paysage de vallée alpine ouverte orientée nord-sud, où la rivière serpente dans un lit relativement large, à fond plat, bordé de terrasses fertiles et encadré par des sommets dépassant souvent les 2 000 mètres d’altitude, comme le Baus de la Frema, la Cime du Piagu ou la Tête de Siruol. Des forêts de résineux (sapins, épicéas, pins) occupent les pentes d’altitude tandis que les vergers ou les prairies se développent en fond de vallée. Les villages, tels que Saint-Martin-Vésubie, Belvédère ou Roquebillière, s’étagent le long des versants ou sur des terrasses alluviales. Les affluents de la Vésubie, comme le Boréon ou la Gordolasque, creusent des vallons profonds et boisés.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères de la Haute Vésubie portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution de la Haute Vésubie portent sur :

2023
1958
Saint-Martin de Vésubie fait partie des communes les plus touchées par la tempête Alex. Au nord de la commune, en aval de la confluence, les berges du Boréon ont été particulièrement touchées. Jusqu’aux années 1960, le lit majeur est parsemé de quelques granges isolées, reliées à des pâturages et des terrasses. A partir des années 1960, avec l’abandon progressif des activités agricoles, une urbanisation dispersée gagne l’ensemble des terrains faciles d’accès et relativement plat, à l’intérieur du lit majeur ou à proximité immédiate. Si la ripisylve se développe considérablement sur les berges, celle-ci est emportée au même titre que les édifices et infrastructures construit dans le lit du Boréon. Des pans de montagne se sont également effondré sur les pentes, où l’on observe aussi une disparition des terrasses et une fermeture des paysages depuis les années 1960.
2025
2014
En limite nord de l’unité, le Boréon et l’ensemble des autres affluents d’altitude ont subi une érosion massive de leurs berges lors de la tempête Alex, emportant la ripisylve et les versants boisés de pin. Cela a conduit à une modification profonde du paysage de vallée en un temps très court. Cette érosion massive explique aussi les dégâts en aval, et le dépôt d’un lit de plusieurs millions de m3 de rochers.
2023
1948
Dans les années 1950, les terrasses d’altitude comme celles de Balcon n’étaient pas habitées et seulement accessible par de petits chemins. En 1970, une route est créée, entrainant la construction de quelques habitations. Malgré l’instabilité du terrain, visible avec les cônes d’érosion au nord et à l’ouest du hameau, les constructions se poursuivent. Les terrasses autrefois cultivées ou pâturées sont abandonnées et se referment par les résineux.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage de la Haute Vésubie portent sur :

À la confluence entre la Vasubie et le Boréon, à Saint-Martin de Vésubie, plusieurs types d’ouvrages ont été réalisés : des enrochements, des murs en béton, des gabions et des caissons végétalisés en bois. Si ces systèmes ont été conçu avec une haute technicité, et devraient répondre au besoin de maintien des terres et protections des biens et personnes contre de futures catastrophes naturelles, la multiplicité des réponses pose question. Les systèmes fondés sur la nature comme les caissons végétalisés, bien que nécessitant du temps pour voir la végétation s’y développer, apparaissent comme des solutions intéressantes d’un point de vue des paysages, dans la mesure où elles ne seront pas jugées à l’aune de leur résistance dans le temps, mais à leur capacité d’évoluer, de laisser la nature reprendre sa place.
Abords de la M2565 peu valorisante, avec des surlargeurs bitumées, du mobilier dispersé et des constructions désorganisées par rapport à la voie.

Unité de paysage N°4.2

La Basse Vésubie

Caractéristiques

de l'unité de paysage

La Basse Vésubie se caractérise par un relief resserré et des versants escarpés, dominés par des sommets moins élevés que la Haute Vésubie mais tout aussi imposants, comme la Cime de la Redoute ou le Mont Férion. La rivière se faufile entre des parois parfois abruptes, creusant des gorges spectaculaires. La végétation reflète une dualité entre influence méditerranéenne et alpine. En basse altitude, les terrasses d’oliviers, les forêts de chênes verts et d’alisiers dominent, tandis que les versants plus élevés abritent des résineux comme les pins sylvestres et les sapins. Les villages, comme Utelle, Lantosque, Duranus ou Saint-Jean-la-Rivière, présentent des maisons hautes et serrées aux façades colorées (ocre, rouge terre). Le canal de la Vésubie, ouvrage historique destiné à l’irrigation et à l’alimentation en eau de Nice, prend sa source dans cette unité paysagère et témoigne de l’ingéniosité pour maîtriser l’eau dans les reliefs accidentés des gorges. Des sites remarquables, comme le Saut des Français, offrent des vues vertigineuses depuis des routes étroites et sinueuses, dont l’ancienne route muletière du sel qui conduisait vers l’Italie par la Madone de Fenestre.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères de la Basse Vésubie portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution de la Basse Vésubie portent sur :

2023
2020
Eboulement récent d’une paroi rocheuse ayant nécessité le remblaiement du cours d’eau pour le passage d’une route provisoire. Quel est le devenir de ces remblais ?
2023
1964

Cros d’Utelle.

2023
2008
Dans les années 1950, les terrasses d’altitude comme celles de Balcon n’étaient pas habitées et seulement accessible par de petits chemins. En 1970, une route est créée, entrainant la construction de quelques habitations. Malgré l’instabilité du terrain, visible avec les cônes d’érosion au nord et à l’ouest du hameau, les constructions se poursuivent. Les terrasses autrefois cultivées ou pâturées sont abandonnées et se referment par les résineux.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage de la Basse Vésubie portent sur :

Falaise protégée par des filets antichute de pierre relativement discrets.
Si des façades ont récemment fait l’objet d’une restauration, d’autres montrent des signes de vétusté évidente et questionnent sur le devenir et l’habitabilité de ces maisons de village.

À tout moment durant votre navigation sur l’Atlas des Alpes-Maritimes, grâce à l’onglet bleu en haut à droite du site, vous pourrez rouvrir cette fenêtre.

Sourcer l'atlas

© Atlas des paysages des Alpes-Maritimes – DEAL Alpes-Maritimes – Agence Folléa-Gautier – 2026