2. La vallée du Var

Fiche d'identité de la Vallée du Var

Limites paysagères

Le bassin versant du Var, des sources alpines à son embouchure dans la Méditerranée, dessine un grand ensemble de paysages marqué par quatre unités distinctes, chacune façonnée par son orientation et son relief. Le Haut Var, encadré par les sommets maralpins, s’oriente nord-sud, creusant des gorges étroites comme celles, rougeoyantes, de Daluis, où la rivière serpente entre des parois minérales. Plus bas, le Moyen Var s’élargit en un couloir rectiligne est-ouest, offrant des paysages ouverts entre terrasses alluviales et villages. Au cœur de la vallée, le verrou de la Mescla forme un goulet spectaculaire, où le Var, rejoint par la Tinée puis la Vésubie, se faufile dans un défilé méandreux, resserré entre des falaises abruptes. Enfin, la Basse vallée reprend une direction nord-sud, plus anthropisée, où habitats, zones d’activités et cultures se déploient jusqu’à la mer. Quatre visages pour une même vallée, du sommet des montagnes aux rives de la Méditerranée.

EPCI concernées

Communes concernées

Fondements du paysage

Reliefs et paysages

Une vallée aux multiples visages

Citadelle d'Entrevaux (Alpes-de-Haute-Provence).

Depuis sa source alpine, nichée sous les cimes des
plus hauts sommets maralpins (2 000 à 2 800 mètres),
la vallée du Var entame un parcours spectaculaire, creusant d’abord un sillon profond entre des massifs aux silhouettes découpées. Ici, dans le Haut Var, la rivière, encore jeune et torrentielle, s’encaisse entre des parois vertigineuses, dominée par des lignes de crête acérées
et des vallées affluentes qui entaillent les flancs des montagnes, un repaire minéral où les éboulis et les forêts clairsemées côtoient des alpages suspendus.

Géologie et paysages

Un condensé de l’histoire géologique des Alpes‑Maritimes

Strates de pélites. Paysages des Gorges de Daluis. © Parc national du Mercantour
La vallée du Var s’étend sur plus de 110 km de long aussi sa géologie est inhérente aux massifs qu’elle traverse : le Haut Var est lié aux massifs cristallins des hauts sommets et aux pélites rouges du Dôme du Barrot ; le Moyen Var est lié aux calcaires jurassiques et du crétacé des Préalpes provençales et la Basse vallée du Var est en lien avec les couches du tertiaire des pentes de Nice et de la Cagne.

Hydrographie et paysages

La charpente hydraulique des Alpes‑Maritimes

Moyen Var depuis la route départementale 6202 vers Touët-sur-Var.
Le Var, fleuve côtier majeur des Alpes-Maritimes, structure un bassin versant d’une remarquable diversité, où haute montagne, gorges étroites et plaines alluviales se succèdent en un gradient hydraulique et paysager spectaculaire. Le Var draine un large bassin versant dont la surface est équivalente à la moitié du département des Alpes-Maritimes. Son régime hydrologique, marqué par des influences nivales et méditerranéennes, en fait une artère vivante, tantôt torrent impétueux, tantôt cours d’eau paisible, dont les fluctuations saisonnières et les crues soudaines ont façonné les paysages et les activités humaines depuis des millénaires.

Milieux naturels et paysages

Un gradient complet des milieux naturels

Forêt de feuillus mélangés aux résineux dans le Moyen Var oriental : une transition entre l'étage montagnard et l'étage méditérannéen.
À l’instar de la géologie, les milieux naturels de la vallée du Var sont étroitement liés à ceux des massifs qu’elle traverse. On peut distinguer deux grands secteurs : le Haut et le Moyen Var qui regroupe les étages montagnards et subalpins ; le Verrou de la Mescla et la Basse vallée du Var qui sont constitués de l’étage méditerranéen.

Agriculture et paysages

Des paysages agricoles fragilisés

Activités de maraîchage et d'horticulture qui persistent en rive droite du Var.

La vallée du Var déploie une mosaïque agricole aussi variée que ses paysages, où chaque étage altitudinal offre des terroirs et des pratiques distincts, façonnés par le climat, le relief et l’histoire humaine. 

Dans le Haut Var, entre 1 000 et 1 800 mètres d’altitude, les fonds de vallée s’épanouissent en prairies de fauche, où l’herbe grasse pousse en abondance grâce à l’humidité des sols alluviaux et à la fraîcheur des nuits d’altitude. Ces étendues vertes, fauchées une à deux fois par an, fournissent un foin de qualité pour l’élevage local, tandis que les pentes plus hautes accueillent des prairies alpines, domaine du pastoralisme estival. Ici, les troupeaux de moutons et de vaches paissent librement de juin à septembre, entre rochers et landes à genévriers.

Urbanisation et paysages

Une implantation humaine tout au long du fleuve

Place et église baroque récemment restaurée à Saint-Martin-sur-Var.
Depuis des temps très anciens, la vallée du Var a été un territoire de vie et un lieu de passage, où l’homme n’a cessé de s’installer, de s’adapter et de façonner les paysages à son image. Habitée sur tout son linéaire, elle porte les traces d’une occupation ancienne, comme en témoignent les vingt-deux villages qui s’égrènent le long de ses versants, accrochés aux pentes escarpées ou lovés au bord du cours d’eau, depuis les hauteurs d’Entraunes jusqu’à l’embouchure de Saint-Laurent-du-Var.

Routes et paysages

Sureprésentées au sud, les routes deviennent un faire‑valoir du paysage au nord

Vue du pont du Var par le chevalier Barberi en 1834. ©Archives Nice Côte d’Azur, 4 Fi 55-2

Jusqu’au XIXe siècle, les déplacements dans la vallée du Var se faisaient principalement par des chemins muletiers. Ces itinéraires, souvent difficiles et saisonniers, reflétaient une économie largement autarcique, où le fleuve lui-même servait de voie naturelle pour le flottage du bois et le transport des marchandises. Avant les premiers endiguements du XIXe siècle la Basse vallée du Var n’est même pas accessible le long du cours d’eau. Il faut attendre 1870 pour qu’une voie carrossable soit créée entre Nice et Saint-Martin-du Var le long du fleuve.

Unité de paysage N°2.1

Le Haut Var et les gorges de Daluis

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : le Haut Var et les gorges de Daluis

La haute vallée du Var est la plus lointaine et la moins densément peuplée des vallées montagnardes des Alpes-Maritimes. L’unité de paysage débute aux sources du Var par un cirque glaciaire cerné de sommets s’élevant à plus de 2 000 mètres d’altitude, le cirque d’Estenc. Les versants du Haut Var tombent directement de plus de 1 000 mètres et sont couverts de résineux. Les villages occupent le fond de la vallée, s’insèrent sur une terrasse alluviale ou une butte morainique. De nombreux hameaux ou fermes isolées sont implantés dans les écarts, sur des replats en hauteur. Le caractère du bâti croise influence provençale et influence montagnarde. L’unité se termine au sud par les gorges rouges de Daluis, une singularité géologique donnant à la vue un paysage spectaculaire.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères du Haut Var et des gorges de Daluis portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution du Haut Var et des gorges de Daluis portent sur :

2023
1970
Enfrichement et urbanisation des prairies à Saint-Martin d’Entraunes.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage du Haut Var et des gorges de Daluis portent sur :

Route astucieusement insérée dans le relief.
Un hameau de Sauze, au dessus de Guillaumes. Les prairies autour des villages et des hameaux sont importantes à préserver dans la mesure où ils composent les pentes et participent à leur biodiversité. © Parc national du Mercantour

Unité de paysage N°2.2

Le Moyen Var

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : le Moyen Var

Le Moyen Var se distingue par une vallée orientée est-ouest formant deux versants contrastés. Si l’adret accueille les villages à mi-pentes et des terrasses d’oliviers, l’ubac est, lui, presque entièrement boisé en mélange de feuillus et de résineux. Quelques rares terrasses alluviales à Puget-Théniers ou Villars-sur-Var produisent des olives et du vin réputés.

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères du Moyen Var portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution du Moyen Var portent sur :

2023
1970
Urbanisation de la plaine alluviale de Touët-sur-Var.
2023
1970

Enfrichement des terrasses sur le versant du Plan Souteyran (Touët-sur-Var).

2024
1900
Enfrichement des terrasses sur le versant du Plan Souteyran (Touët-sur-Var).

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage du Moyen Var portent sur :

Le caractère routier de la RD 6202 ne met pas en valeur le bourg perché de Touët-sur-Var : glissière métallique, surlageur, fossé bétonné, etc.
Urbanisation de la plaine alluviale de Touët-sur-Var. ©Yvonne Hamon

Unité de paysage N°2.3

Le verrou de la Mescla

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : le verrou de la Mescla

Au cœur de la vallée du Var, le verrou de la Mescla forme un goulet spectaculaire, où le Var, rejoint par la Tinée puis la Vésubie, se faufile dans un défilé méandré, resserré entre des falaises abruptes. Longtemps contourné par les chemins, le verrou de la Mescla est aujourd’hui un passage stratégique obligatoire pour rejoindre les hautes vallées du Var, de la Tinée et de la Vésubie. La route et le chemin de fer traversent ce paysage resserré, multipliant les ouvrages d’art : ponts, viaducs et tunnels.

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution du verrou de la Mescla portent sur :

2023
1911

Évolution de la route et des mobilités dans les gorges de la Mescla. Les surlageurs d’enrobé et les glissières métalliques dévalorisent la qualité intrinsèque de la route. ©Archives départementales des Alpes Maritimes, 58 Fi 128 (image de gauche)

2023
1957
Élargissement de la route à Malaussène. ©Archives départementales des Alpes Maritimes, 22 Fi 231700001 (image de gauche)
2023
1970

Création du Tunnel de la Mescla dans les années 1980.

2025
2014
Création du Tunnel de la Mescla dans les années 1980.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage du verrou de la Mescla portent sur :

Carrière Bermont à Massoins, de part et d'autre du Var : infrastructures et production de poussières sur la plaine alluviale et front de taille apparent dégradé.
Le doublement des voies génère une multiplication des clôtures.

Unité de paysage N°2.4

La Basse vallée du Var

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : la Basse vallée du Var

Cette unité de paysage se caractérise par une grande vallée ouverte orientée nord-sud. Au cœur de l’unité, sur plus de 25km de long, le Var y est entièrement corseté entre des digues, de la sortie du verrou de la Mescla à son embouchure au niveau de l’aéroport de Nice. La plaine alluviale du Var peut, par endroits, atteindre plus d’1,5km de large. Dans cette vallée, les villages historiques s’insèrent sur des croupes à mi-pentes et se détachent en silhouettes-repères ou, plus rarement, à proximité du fleuve (Saint-Laurent-du-Var ou Saint-Isidore par exemple). Les versants sont sculptés en terrasses, dont une grande partie est aujourd’hui urbanisée. Cette ancienne frontière est en effet devenue un couloir de développement où l’urbanisation prend une place prédominante par rapport à l’agriculture et au fleuve.

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution de la Basse vallée du Var portent sur :

2020
1946

Morcellement des terres agricoles et perte de leurs valeurs agronomiques par le développement de l’urbanisation sur des plateformes.

2020
1952

Urbanisation spectaculaire des abords de Gattières.

2025
1890

Enfrichement des terrasses et des pentes cultivées aux abords de Carros.

2023
1970

Déviation et réduction du Var, artificialisation des sols et extension de l’aéroport sur la mer.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage de la Basse vallée du Var portent sur :

Boulevard Paul Montel : un axe travaillé avec soin. Le passage des lignes de tramway est très discret, les trottoirs sont larges et continus, les stationnements sont dissimulés et ombragés sous les arbres, les chaussées sont réduites en largeur et une présence artistique ponctue le parcours.
Quartier de Saint-Laurent-du-Var, construit dans la pente : des espaces aussi inadaptés aux voitures qu'aux piétons et cyclistes.

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