1. Les sommets maralpins

Fiche d'identité des sommets maralpins

Limites paysagères

Cet ensemble de paysage regroupe les plus hauts sommets des Alpes-Maritimes en une chaine de montagne continue qui forme la limite nord du département et la frontière avec l’Italie. Sa délimitation englobe presque entièrement le périmètre du cœur du Parc national du Mercantour – hormis un tronçon de la vallée de la Tinée et le sud du massif de l’Authion dans la Bévéra. On distingue dans cet ensemble deux unités de paysage : la chaine des montagnes maralpines et le Valdeblore, petite unité intercalée entre les vallées de la Vésubie et la Tinée.

EPCI concernée

Communes concernées

La chaîne des La chaîne des montagnes maralpines

Le Valdeblore

Fondements du paysage

Reliefs et paysages

Une chaine de montagnes à l’extrémité sud du massif alpin

Saint-Dalmas-Valdeblore depuis le col des Deux Caïres. ©Cdjrando06
À la limite nord des Alpes-Maritimes s’élève une chaîne de montagnes continue, formant une ligne de crête imposante qui sépare les bassins versants français de ceux, italiens, du Piémont et de la Ligurie. Depuis la Roche de l’Abisse qui domine la vallée de la Roya, jusqu’au Rocher des Trois évêques qui surplombe la vallée de la Tinée, cette chaine s’allonge sur plus de 60 kilomètres.

Géologie et paysages

Une symphonie de roches en « mouvement »

Les Ciappes de Fontanalbe et le mont Bégo (2872 m). © Parc national du Mercantour
Les sommets maralpins racontent une histoire géologique mouvementée, façonnée par des millions d’années de collisions tectoniques, d’érosion glaciaire et de mouvements alpins. Il y a environ 30 à 40 millions d’années, la poussée de la plaque africaine contre l’Eurasie a soulevé ces massifs, donnant naissance à une chaîne de montagnes où se mêlent roches métamorphiques (gneiss, schistes), calcaires jurassiques et flyschs plus tendres, témoins des anciens fonds marins.

Hydrographie et paysages

Le château d’eau des Alpes‑Maritimes

Les lacs de Ténibre sur les hauteurs de Saint-Étienne-de-Tinée. © Parc national du Mercantour
Les sommets maralpins constituent le château d’eau des Alpes-Maritimes, un réservoir naturel où prennent naissance les principaux cours d’eau du département. C’est au pied de la cime de la Bonette que jaillit la Tinée, tandis que la Vésubie trouve sa source aux flancs du mont Gelas, le plus haut sommet des Alpes-Maritimes. Plus à l’ouest, le Var prend sa source sur les hauts plateaux d’Estenc, avant de s’engouffrer dans des gorges étroites, et à l’est, la Roya naît près du col de Tende, là où les eaux de fonte et les pluies orographiques s’écoulent vers la Méditerranée. Ces quatre fleuves côtiers, nourris par les neiges éternelles, les glaciers résiduels et les nappes souterraines, dessinent un réseau hydrographique vital, même si leurs hauts bassins versants offrent souvent l’image d’un paysage minéral et sec.

Milieux naturels et paysages

Une mosaïque de milieux naturels d’une richesse exceptionnelle

Zone humide dans le vallon de Chastillon, à Isola 2000. © Parc national du Mercantour
Les milieux rocheux, dominés par des falaises, des éboulis et des parois verticales, constituent l’un des réservoirs de biodiversité les plus précieux du massif. Ces espaces inhospitaliers, peu accessibles, abritent une flore patrimoniale adaptée aux conditions extrêmes, comme la saxifrage à fleurs nombreuses ou des espèces endémiques strictes, telles que la gentiane de Ligurie. Bien que peu menacés par l’activité humaine, ces habitats restent fragiles, notamment face aux dégradations liées au pâturage intensif ou aux changements climatiques.

Agriculture et paysages

L’agropastoralisme entre alpages et vallées

Troupeau de l'alpage de la vacherie de Roubion en fond de Mounier. © Parc national du Mercantour
Les sommets maralpins, au cœur du parc national du Mercantour, offrent un paysage agricole et pastoral façonné par des siècles d’activités humaines et une géographie exigeante. Ici, l’agriculture ne se résume pas à une simple exploitation économique, mais constitue un pilier essentiel de la préservation des milieux naturels, de la biodiversité et des paysages emblématiques qui font l’identité du massif. Entre 1 000 et 2 800 mètres d’altitude, les alpages, les prairies d’altitude dessinent une mosaïque de milieux.

Urbanisation et paysages

Entre stations de lmontagne et lvillages traditionnels

Auron et l'horizon des montagnes préservé.
Au cœur du parc national du Mercantour, l’urbanisation reste limitée et encadrée, mais elle s’est développée de manière ciblée autour des stations de montagne, des villages d’altitude et de quelques hameaux.

Routes et paysages

De rares routes qui mènent aux stations de ski et traversent les cols

Unité de paysage N°1.1

La chaîne des montagnes maralpines

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : la chaîne des montagnes maralpines.

La chaîne des montagnes maralpines s’étire sur plus de 60 kilomètres entre le haut-Var et la Cime de la Bonnette à l’ouest et la Vallée des Merveilles et le Mont Bégo à l’est. Les hauts sommets, sculptés par des millions d’années d’histoire géologique, culminent entre 2 750 et 3 143 mètres et forment une crête dorsale où les rigueurs alpines de l’altitude sont tempérées par l’influence maritime proche. Cette barrière orographique entre la France et l’Italie recueille les précipitations qui alimentent le Var et ses affluents (notamment Tinée et Vésubie).

Les paysages sont étagés selon l’altitude. Jusqu’à 1 800m, les versants sont dominés par des forêts de conifères (sapins, épicéas) qui laissent leur place aux mélèzes jusqu’à 2 200m. La végétation se raréfie à partir de 2 400m d’altitude, où l’étage alpin se caractérise par des pelouses rases, des éboulis mobiles et des roches à nu, où ne subsistent que des plantes adaptées aux conditions extrêmes (saxifrage à fleurs, gentiane de Ligurie par exemple).

Valeurs spécifiques

de l'unité de paysage

Les principales valeurs paysagères de la chaîne des montagnes maralpines portent sur :

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

Les principales dynamiques d'évolution des paysages de la chaîne des montagnes maralpines portent sur :

2010
1950
Développement de la station d’Auron sur un plateau, vu depuis le téléphérique.
2023
1995
Extension continue de la station d’Isola 2000, de l’urbanisation, des infrastructures et du domaine skiable.
2023
1945
Densification des bois de résineux sur l’ubac. Abandon de la pression pastorale et développement des résineux.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage de la chaîne des montagnes maralpines portent sur :

Hétéroclicité des édifices de la station de ski d'Isola 2000. © Parc national du Mercantour
La cabane de la Braisse dans le vallon de la Braisse à Sestrière, toit refait en bardeaux de mélèze. ©Parc national du Mercatour

Unité de paysage N°1.2

Le Valdeblore

Caractéristiques

de l'unité de paysage

Unité paysagère : le Valdeblore

L’unité de paysage du Valdeblore est un espace de transition entre deux vallées, la Vésubie et la Tinée, formant un vallon large et spacieux, dominé au nord par les sommets alpins. Au cœur de l’unité, entre 1 000m et 1 300m d’altitude, une plaine agricole organisée par des prairies de fauche en lanières et cernée de haies relie plusieurs hameaux regroupés. Au-delà de la plaine, les pentes sont rapidement pentues et mènent aux sommets alpins. Les bois de conifères y prospèrent en accentuant le caractère précieux de la plaine agricole. La route M2565 traverse cette petite unité de paysage, faisant le lien entre Saint-Martin-Vésubie et Saint-Sauveur-sur-Tinée.

Dynamiques d'évolution

de l'unité de paysage

La principale dynamique d'évolution des paysages du Valdeblore porte sur :

2025
1890
De profondes transformation des routes et maisons à La Roche (Valdeblore).
2023
1955
Abandon des vergers. Coupure d’urbanisation réduite et fragile. Enfrichement et fermeture des prairies abandonnées Développement des haies entres les parcelles.

Enjeux majeurs

de l'unité de paysage

Les enjeux majeurs de paysage du Valdeblore portent sur :

Parcelles agricoles aux abords du Ciamp d'Alpi.
Parcelles de prairies cernées de haies de merisiers en fleurs, à Valdeblore. ©Nicolas Svetchine

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